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Résumé :
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Alexandre Jollien a subi - disons-le ainsi - un accident de naissance. Etranglé par son cordon ombilical, il a brièvement mais trop longuement rencontré la mort dans ces minutes inaugurales consacrées d'habitude à l'épiphanie de la vie. L'oxygène ayant manqué au cerveau, il porte en lui, avec lui, dans le creux de sa matière grise, la trace du souffle de la mort qui, jour après jour, dans le détail, se manifeste dans une démarche, une élocution et des gestes qui ne ressemblent pas à ceux des autres. Pas plus que son intelligence, d'ailleurs, ne ressemble à celle des autres: affûtée, pointue, vive, exercée, habile, et pour cause, elle soulève le moindre signe sous la pierre et décode le plus petit souffle de sens là où il se trouve... Pas de traces de ressentiment (contre qui ou quoi que ce soit) ; nulle colère (contre Dieu, le destin, la fatalité, la médecine ou le sort) ; mais une immense, une incroyable adhésion à la vie, une coïncidence viscérale avec ce qui est : la malédiction d'une faiblesse infligée devient la chance d'une force crée. Alexandre Jollien donne ici la formule inaugurale d'un genre de relecture des sagesses du Portique. (Michel Onfray)
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