|
Résumé :
|
"Le remplaçant, qui donne son nom au récit, n'est pas un enseignant vacataire, pas plus qu'un joueur de football de seconde zone, c'est l'homme qui, après la guerre, a remplacé mon grand-père disparu auprès de ma grand-mère. Celui que j'appelle triple B. est un survivant professionnel, un genre d'anti-héros, d'anti-martyr aussi. Pourquoi me suis-je attachée à cette figure ? Pourquoi choisir le remplaçant, privilégier l'ersatz ? Il m'a semblé que c'était le seul moyen, pour moi, d'aborder les rivages d'une histoire qui, par son atrocité, pétrifie, paralyse, inhibe l'entendement. Je ne crois pas être la seule à buter contre l'énigme de la Shoah. Je pense aussi qu'il ne faut pas négliger l'aspect irreprésentable de cet événement. Un des traits qu'il est essentiel, pour moi, de faire saillir est précisément l'incapacité où la plupart d'entre nous se trouvent à saisir le sens de cette catastrophe. Faire un détour en racontant « l'histoire d'à côté », en le faisant autant que possible avec humour m'a paru un moyen de donner voix à l'inarticulé." Agnès Desarthe
|